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Blog d'infos, reportages, interviews ouvert à tout jeune 13 à 18 ans souhaitant découvrir le journalisme en publiant ses articles avec les conseils d’étudiants de l'Ecole Publique de Journalisme à Tours. Inscrivez-vous en cliquant sur la page "Devenez jeune reporter» vous recevrez votre carte jeune reporter avec cahier. Activité coordonnée par l’association «Jeunes reporters 8 à 18 ans» en Indre et Loire (37) proposant aussi des sorties, des ateliers journalistiques et un autre blog pour les 8/13 ans www.jeunesreporters8ans13ans.fr

20 Mar

Le revers du modèle chinois*

Publié par Laurine V. 16 ans Le Blanc France

Depuis 2017, de nombreuses ONG et des journalistes du monde entier dénoncent la politique chinoise effectuée envers les Ouïghours. En effet, certains Ouïghours ont témoigné après s’être échappés des camps spécialement construits pour cette catégorie de la population.

La Chine possède autant de diversité que de kilomètres carrés, cinquante-six ethnies différentes cohabitent au sein de ses frontières dont les Ouïghours, un peuple turcophone musulman résidant dans le Xingchiang, au nord-ouest de la Chine. 46 % des habitants du Xingchiang sont des Ouïghours, le reste de la population est composé de Hans, l’ethnie majoritaire chinoise dont le nombre n’a cessé de croître ces dernières décennies.

Ce n’est qu’en 1949 que le Xingchiang a été intégré à la Chine sous Mao. Le dirigeant avait pour but d’effacer les spécificités culturelles des différentes provinces. En effet, les discriminations envers les Ouïghours ne datent pas d’hier. Déjà dans les années 80, certaines offres d’emplois leur étaient interdites. A partir de 2009, la situation s’est aggravée car de nombreuses tensions ont eu lieux entre les Hans et les Ouïghours, se manifestant parfois dans des combats de rue par exemple. Le gouvernement a compté deux cents morts ainsi que deux mille blessés. Au début des années 2010, des attentats islamistes ont eu lieu dans cette même région, revendiqués par le parti islamique du Turkestan (pays frontalier de la Chine). En réponse, le gouvernement chinois a interdit certaines pratiques religieuses comme le port de la barbe ou du voile dans certains espaces publiques.

Certaines voix se font entendre, demandant l’indépendance du Xingchiang, impossible pour Pékin, car cette région est riche en pétrole et possède de nombreuses usines. De plus, le projet « One Belt, One Road », souvent connu sous le nom des « Routes de la soie », traverse la région du Xingchiang pour rejoindre la Russie et le Kazakhstan et aller jusqu’en Europe pour des exportations commerciales. L’Etat chinois a donc tous les avantages que le Xingchiang reste chinois.

Un système toujours plus répressif

Ces dernières années, les discriminations se sont renforcées pour les Ouïghours : interdiction d’utiliser WhatsApp, encouragement financier des mariages inter-ethniques dans le but de minimiser la culture de ce peuple. Des Ouïghours chinois affirment être fichés par le gouvernement de la province du Xingchiang. Nous pouvons également remarquer que le nombre d’arrestations est passé de  27 404 Ouïghours arrêtés en 2016 à 227 882 en 2017, soit dix fois plus d’arrestations. De nombreux policiers et enseignants venant de toute la Chine sont mutés dans la région du Xingchiang, pour travailler dans des camps de rééducation afin que les Ouighours « s’imprègnent » de la culture chinoise. Des militants des droits de l’Homme ont repérés grâce à des photos satellites, l’emplacement de certains camps pour Ouïghours. Pékin dément leur existence.

Un jeu de dupe

Malgré la censure importante des réseaux sociaux chinois, des journalistes du journal Le Monde ont recueilli quelques témoignages d’Ouïghours emmenés de force dans des villes du Xingchiang rurales et loin de leur endroit d’origine pour travailler dans des usines. Officiellement, l’État chinois parle d’un projet visant à réduire la pauvreté, en faisant travailler des personnes sans emploi dans des usines. Mais des témoignages de Ouïghours racontent avoir subi un lavage de cerveau : obligation de parler chinois, interdiction des traditions, de pratiquer l’islam etc. Certains disent avoir été forcés de travailler dans des champs de coton, le Xingchiang produisant un cinquième du coton mondial. De même, quatre-vingts deux multinationales auraient bénéficié directement ou indirectement du travail des Ouïghours.

Autre élément grave, la rescapée des camps Ouïghours, Gulbahar Haitiwaji, co-auteure du livre Rescapée du goulag chinois: Premier témoignage d’une survivante ouïghoure, raconte avoir reçu un vaccin qu’elle pensait être contre la grippe. Il s’agissait en réalité d’une stérilisation forcée qu’on subit certaines femmes de la communauté. 

L’existence de ces camps de détentions et de rééducation, dont le nombre incertain avoisinerait les 1200 d’après la même enquête du Monde, de nouvelles infrastructures ont été construites en 2020.

           Que faire ?

Aucun pays n’a pris de mesures concrètes pénalisant la Chine, même si le nouveau locataire de la maison blanche dénonce ces méthodes. Pékin n’apprécie aucune critique sur sa politique intérieure et est accusé de pression envers certains Ouïghours vivants à l’étranger.

Nous sommes encore loin de connaître toute la vérité sur ces camps et ce que l’on y fait subir à ses prisonniers. D'autres dictatures pourraient également utiliser des camps d'internements à la manière de la Chine pour faire taire l'opposition interne dans leur pays.

Pour aller plus loin :

https://www.arte.tv/fr/videos/087898-000-A/arte-reportage/https://www.arte.tv/fr/videos/087898-000-A/arte-reportage/   un documentaire sur les camps de détention du Xingchiang

https://www.lemonde.fr/international/video/2021/01/06/enquete-video-ce-que-les-reseaux-sociaux-chinois-revelent-des-camps-d-internement-et-du-travail-force-des-ouigours_6065324_3210.html  Ce que les réseaux sociaux chinois nous apprennent sur les camps.

                                                                                  Laurine V. 16 ans Le Blanc, France

Le revers du modèle chinois*
Le revers du modèle chinois*
Le revers du modèle chinois*

Félicitations pour cet article Laurine ! 

Tu as choisi un sujet complexe mais très intéressant. Tu donnes beaucoup d'informations pertinentes et bien expliquées. 

Tu pourrais utiliser une de tes photos d'illustration en photo de couverture. Sur la forme, je te conseille aussi d'ajouter un intertitre dans l'article (un sous-titre qui permet de faire "respirer" la lecture lorsqu'on change d'idée). Il pourrait par exemple arriver avant le paragraphe sur l'article du Monde. Tu pourrais aussi rajouter des liens vers les sources documentaires que tu as utilisées pour écrire l'article. Les journalistes peuvent utiliser les liens pour permettre aux lecteurs d'aller plus loin s'ils en ont envie et de donner plus de crédibilité aux articles. 

Enfin, je te conseille d'essayer de faire des phrases plus courtes (sujet, verbe et complément). Ce n'est pas un exercice facile mais dans les articles longs cela permet notamment de garder l'attention du lecteur. 

Bon courage pour les corrections et j'ai hâte de te lire à nouveau.

Emilie, deuxième année de journalisme à l'EPJT

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